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        <title>Le Cadavre Exquis - Histoire(s)</title>
        <link>http://le-cadavre-exquis.mozello.com/encreetacte/theatres/histoires/</link>
        <description>Le Cadavre Exquis - Histoire(s)</description>
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                <title>Bernard-Marie Koltès : le dramaturge de la nuit ~ Monsieur S</title>
                <link>http://le-cadavre-exquis.mozello.com/encreetacte/theatres/histoires/params/post/2673235/bernard-marie-koltes--le-dramaturge-de-la-nuit--monsieur-s</link>
                <pubDate>Sun, 07 Mar 2021 17:44:00 +0000</pubDate>
                <description>&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Bonjour à tous et à toutes,
bienvenue dans la rubrique théâtre ! Aujourd’hui j’ai envie de vous parler
d’un dramaturge considéré à ce jour comme une des grandes influences du théâtre
français. Il a notamment permis un renouveau théâtral au cours des années 1980 : je
vais vous parler de Bernard-Marie Koltès. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/lire-et-relire-koltes-14-lange-koltes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://site-1292726.mozfiles.com/files/1292726/BM_Koltes.jpg&quot; class=&quot;moze-img-center&quot; alt=&quot;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Les pièces de Bernard-Marie
Koltès ont en commun d’être plongées dans une ambiance nocturne (&lt;b&gt;&lt;i&gt;La Nuit juste avant
les forêts&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;&lt;i&gt;Dans la solitude des champs de coton&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;&lt;i&gt;Quai
ouest&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ou sa dernière pièce &lt;b&gt;&lt;i&gt;Roberto Zucco.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Ces pièces font
parties d’un nouveau style dans le théâtre francophone et ont été, par la
suite, jouées dans plusieurs pays. Un style d’écriture à la fois simple,
presque banal et poétique, Koltès met en œuvre des thématiques qu’il a lui-même
expérimenté : la solitude, le conflit, le manque de communication, les différences
de classes sociales mais également le monde de la nuit. Un théâtre dans une
ambiance nocturne qui est d’ailleurs la marque de fabrique des publications des
Editions de Minuit. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Bernard-Marie Koltès, né à Metz
en 1948, était issu d’une famille bourgeoise. Le petit Bernard-Marie a vécu
une enfance et un début d’adolescence assez compliqués car c’était le type de
garçon ne supportant pas la solitude. Ses passages dans différents établissements
scolaires n’ont pas été d’une grande aide, et seuls les enseignements jésuites
qu’il a pu suivre ont permis d’améliorer l’esprit du petit Koltès. Ces
enseignements étaient fondés sur &lt;b&gt;&lt;i&gt;la volonté de considérer le dialogue comme
une vraie argumentation et le désir de faire apparaître un sens caché&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.
Pendant un temps, le théâtre ne faisait pas partie des projets professionnels de
Bernard-Marie Koltès. Il était avant tout passionné de musique, principalement
de l’œuvre de Johann Sebastian Bach. Durant son jeune âge, Koltès était bien
différent, c’était un jeune qui aimait le monde de la nuit, la drogue, le sexe,
la rue et il sortait complètement du cadre bourgeois duquel provenait sa
famille. Les excès et la solitude toujours plus forte l’ont même conduit à
faire plusieurs tentatives de suicide.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans que
Bernard-Marie Koltès a découvert et prit goût au théâtre, après avoir vu
l’interprétation de &lt;b&gt;&lt;i&gt;Médée&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; par Maria Casarès. Il était en totale admiration devant
cette représentation et c’est ce qui lui donna l’envie de devenir comédien.
Après une audition et une admission refusée au Théâtre National de Strasbourg,
Koltès décide d’écrire une adaptation (&lt;b&gt;&lt;i&gt;Les Amertumes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; d’après &lt;b&gt;&lt;i&gt;Enfance&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;
de Gorki) puis l’envoya au directeur de ce théâtre (à l’époque, Hubert Gignoux).
Ce dernier était impressionné par l’écriture du futur dramaturge et lui proposa
d’intégrer l’école. Koltès décida de créer une compagnie portant le nom de
‘’Théâtre du Quai’’.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Pendant longtemps, les pièces de Koltès
ne trouvaient aucun metteur en scène ou théâtre susceptibles de les jouer sur
une scène nationale et cela le découragea de continuer. Il passa un temps en
URSS en tant que membre du parti communiste, puis il replongea dans les mêmes
bêtises de sa jeunesse, celles d’avant qu’il ne se lance dans le théâtre
(drogue, sexe). Il failli mettre une nouvelle fois fin à ses jours mais il
rentra en France afin de suivre une cure de désintoxication. Il s’est inspiré
de cette partie de sa vie pour écrire une pièce qui fut vraiment le tout
premier succès de Koltès : il s’agit de &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Nuit juste avant les
forêts&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Il a ensuite réalisé de nombreux
voyages en Amérique du sud, en Afrique puis à New York et de ces voyages,
Koltès en a écrit des pièces, devenues des succès : &lt;b&gt;&lt;i&gt;Combats de
nègres et de chiens&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (sa vision de l’Afrique dominée par les populations
occidentales), &lt;b&gt;&lt;i&gt;Quai ouest&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (son voyage à New York portant sur la
description des quais dans une ambiance nocturne) et &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Retour au désert&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;
(un drame familial se déroulant en France pendant la guerre d’Algérie).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Si Koltès est un dramaturge connu
et que ses pièces sont désormais montées dans de nombreux théâtres, c’est en
partie grâce à un autre homme de théâtre, entré dans la vie du Messin : il
s’agit du metteur en scène Patrice Chéreau (connu pour ses performances
théâtrales mais aussi pour ses mises en scènes au cinéma comme &lt;b&gt;&lt;i&gt;L’Homme
blessé&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1983) ou &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Reine Margot&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, sorti en 1994).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;La relation entre Chéreau et
Koltès n’a pas été des plus tendres, surtout à la fin. Chéreau acceptait volontiers
de mettre en scène les pièces de Koltès mais ne comprenait pas assez le contenu
des pièces du dramaturge, aux yeux de ce dernier. Cela peut paraître normal
puisque Chéreau n’était pas encore un adepte du théâtre contemporain. Pourtant les
deux hommes avaient la même passion : le théâtre et le sens de l’écriture.
Après la représentation de &lt;b&gt;&lt;i&gt;Combats de nègres et de chiens&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; à
Nanterre, les deux hommes ne sont pas satisfaits, malgré le succès au
rendez-vous : le public ne comprenait pas suffisamment le message de la pièce.
Au fil des années, Chéreau se cristallisa comme le metteur en scène numéro 1 de
Bernard-Marie Koltès. Mais les deux théâtreux se séparèrent définitivement, les
nombreuses disputes pendant les séances de répétition et de travail fragilisant
considérablement leur collaboration. Par exemple, Koltès se montrait souvent désagréable,
critiquant la façon de travailler de Patrice Chéreaul, trouvait que le décor de
la mise en scène était ‘’très sombre’’ ou ’’très froid’’. Koltès était aussi de
plus en plus fragile physiquement, ce qui peut expliquer son humeur stricte et
désagréable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Le duo n’est alors plus. Cela est
confirmé quand Koltès demande à un autre metteur en scène de travailler sur sa
dernière pièce, devenue depuis une légende du théâtre français : il s’agit
de &lt;b&gt;&lt;i&gt;Roberto Zucco&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Cette pièce est tirée d’un fait divers ayant eu
lieu entre 1983 et 1988 (je vous conseille vivement de lire cette
pièce !). Ce nouveau metteur en scène n’est autre que Peter Stein, un
homme de théâtre allemand. La pièce a été mis en scène pour la première fois au
théâtre Schaubühne am Lehniner Platz à Berlin en 1990. Malheureusement,
Bernard-Marie Koltès n’a jamais pu voir sa pièce de son vivant. Après un
dernier voyage au Portugal, Bernard-Marie Koltès meurt à cause de complications
dues au sida, le 15 avril 1989 à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Aujourd’hui, Bernard-Marie Koltès
est un dramaturge qui inspire de nombreux créateurs, de nombreux metteurs en
scènes et est étudié dans les conservatoires et les écoles de théâtre. Je
voulais écrire un article sur Koltès car c’est mon auteur fétiche. Etant un
grand admirateur de sa dernière pièce, je l’ai même prise comme projet d’examen
d’études au conservatoire !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Pour conclure, voici quelques
mots de Bernard-Marie Koltès sur sa vision de la beauté : &lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&quot;moze-blockquote&quot;&gt;&quot;Je crois
que la seule morale qu’il nous reste est la morale de la beauté. Et il ne nous
reste justement plus que la beauté de la langue, la beauté en tant que telle.
Sans la beauté, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Alors, préservons
cette beauté, gardons cette beauté même s’il lui arrive parfois de n’être pas
morale. Mais je crois justement qu’il n’y a pas d’autre morale que la beauté.&quot;&lt;/span&gt; &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;J’espère que cet article vous a
plu et nous nous retrouvons la prochaine fois pour un nouvel article sur le théâtre.
Vive le spectacle ! Vive la poésie des mots et des gestes ! 😉&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;moze-justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000&quot;&gt;Monsieur S.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
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